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Paragon : l'annulation des contrats italiens était une décision de risque, selon son PDG

Andrew Boyd, PDG de Paragon et REDLattice, explique à WIRED que l'arrêt des contrats italiens visait à limiter les risques, et non à répondre à une enquête.

Andrew Boyd, PDG de Paragon Solutions et de REDLattice, a déclaré dans un entretien accordé à WIRED que Paragon avait annulé ses contrats avec les services de renseignement italiens parce que le maintien de cette relation ne valait pas le risque encouru après les accusations de WhatsApp, et non à la suite d'une enquête.

Boyd affirme que Paragon ne dispose d'aucun moyen technique de savoir si ses clients détournent son logiciel espion : l'entreprise ne peut ni voir qui les clients ciblent, ni consulter les données extraites des appareils visés.

Il indique également que Paragon ne possède pas d'interrupteur permettant de désactiver un client en cas d'usage abusif. La société peut seulement interrompre le support assuré 24 heures sur 24 et les mises à jour du système, sans lesquelles l'outil devient inefficace en environ 12 heures.

REDLattice a par ailleurs annoncé cette semaine son intention d'entrer en bourse.

Un contexte d'accusations et de rachats

En décembre 2024, Paragon, alors détenue par des intérêts israéliens, a été rachetée par la société américaine de capital-investissement AE Industrial Partners et fusionnée avec REDLattice.

En 2025, WhatsApp a affirmé que le logiciel espion Graphite de Paragon avait infecté les téléphones de plus de 60 personnes dans plus de 20 pays, dont des journalistes et des militants. Le Citizen Lab de l'Université de Toronto a identifié deux journalistes et deux militants en Italie parmi les cibles. Les autorités italiennes ont nié tout usage abusif du logiciel.

Paragon avait d'abord refusé de commenter ces accusations et aurait envisagé une action en justice contre WhatsApp après avoir reçu une lettre de mise en demeure. Dans la semaine suivant les accusations, l'entreprise a annulé ses deux contrats avec les services de renseignement intérieur et extérieur italiens.

Le secteur reste marqué par les critiques visant NSO Group, qui a vendu son logiciel Pegasus à l'Arabie saoudite et à d'autres pays aux bilans contestés en matière de droits humains.

En bref

Pourquoi Paragon a-t-elle annulé ses contrats avec l'Italie ?

Selon son PDG Andrew Boyd, le maintien de la relation ne valait pas le risque encouru après les accusations de WhatsApp, et non en raison d'une enquête.

Paragon peut-elle désactiver son logiciel espion à distance ?

Non. Boyd indique qu'il n'existe pas d'interrupteur de ce type ; l'entreprise peut seulement couper le support 24 heures sur 24 et les mises à jour, ce qui rend le système inefficace en environ 12 heures.

Que sait Paragon de l'usage fait par ses clients ?

Rien techniquement : l'entreprise ne peut pas voir qui les clients ciblent ni les données extraites des appareils visés, selon son PDG.

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